Raoni dans l’hémicycle et question au gouvernement

Raoni Metuktire, chef suprême du peuple Kayapo, était invité à l’Assemblée nationale mardi 3 juin 2014 à l’initiative du député Jean-Louis Roumégas.

Texte de la question :

Ma question s’adresse au Ministres des affaires étrangères.

Au nom du groupe écologiste, je vous remercie M. le Président d’avoir accepté de recevoir le cacique Raoni, chef suprême des Kayapo, et son successeur Megaron, ici à l’Assemblée nationale.

Depuis sa première tournée internationale il y a 25 ans, le Cacique Raoni éveille les consciences, alerte sur les conséquences de la déforestation et porte la voix des peuples autochtones à travers le monde.

Le cacique Raoni est engagé contre la construction, en plein cœur de l’Amazonie, du barrage de Belo Monte. Belo Monte c’est 668 km2 de forêt primaire inondés, 20 000 personnes déplacées, les ressources vivrières d’au moins 24 peuples menacées.

La forêt amazonienne est notre patrimoine commun. Rappelons-nous, à la veille de la coupe du monde au Brésil, que l’équivalent d’un terrain de football y disparait toutes les quatre minutes.

Notre poumon brûle, la France qui accueillera en 2015 la conférence sur le climat ne peut fermer les yeux.

Notre pays est d’autant plus concerné que des entreprises françaises sont impliquées : Alstom à Belo Monte mais aussi GDF SUEZ ou encore EDF sur d’autres projets de barrages géants. La perspective de contrats juteux ne doit pas faire oublier la responsabilité sociale et environnementale de nos entreprises.

La France est également en Europe le principal importateur de bois illégal issu de l’Amazonie brésilienne.

Le gouvernement est-il prêt à lutter avec détermination contre ces importations de bois illégales ?

Peut-on espérer, les 22 et 23 septembre prochain, à la Conférence de l’Onu sur les peuples autochtones, vous voir prendre des engagements pour que la France et ses entreprises ne collaborent plus à des projets qui portent atteinte à l’Environnement et aux Droits de l’Homme