Pêche en eau profonde

IMG_4652de g. à d. : Laurence Abeille, Philippe Cury, Danielle Auroi, Jean-Louis Roumégas

 

Mardi 26 novembre, la commission des affaires européennes et la commission du développement durable ont auditionné différents acteurs du dossier sur la pêche en eau profonde.

Les océanographes définissent les eaux profondes comme la zone qui s’étend au-delà de 200 mètres de profondeur. Les milieux profonds sont encore très mal connus par les scientifiques. Cependant, depuis 30 ans, ils ont été progressivement exploités à échelle industrielle. Leur protection est essentielle : la faune profonde est caractérisée par une longévité extrême (bien souvent supérieure à 100 ans), une croissance lente, une maturité sexuelle et une reproduction tardives, une fécondité et une capacité de renouvellement faible : autrement dit, les poissons profonds sont les éléphants des océans. L’écosystème des eaux profondes est spécifique et fragile, les premières captures suffisent parfois à décimer un stock pour plusieurs décennies ou siècles.

Dangereuse pour l’environnement, la pêche en eaux profondes n’est même pas rentable : ce sont les contribuables qui y sont de leur poche, à travers les subventions versées au secteur.

30 à 40% des poissons capturés sont rejetés.

La flotte française dépend largement d’un groupe de distribution (Intermarché) et concerne environ 500 emplois selon les statistiques du ministère de la pêche ; beaucoup moins, selon les ONG – entre 224 et 358 emplois – qui plaident pour l’interdiction de chalutage en eaux profonde et pour une mutation progressive de cette pratique par la reconversion des chalutiers en palangriers. La palangre (longue ligne de fil de pêche sur laquelle sont fixés des hameçons) est en outre  plus génératrice de main-d’œuvre par kilo de poisson pêché.

La Commission européenne, en juin 2012, avait proposé aux députés européens d’interdire la pêche en eaux profondes. Or le texte qui sera soumis au vote du Parlement européen le 10 décembre envisage de poursuivre la pratique du chalutage en eaux profondes moyennant que celle-ci concerne les zones déjà impactées par cette pêche. Il s’agit d’une orientation contraire aux recommandations de nombreux rapports scientifiques, et contraire au message porté par les 600 000 citoyens signataires de la pétition de l’association Bloom : http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html

Les députés écologistes veillent à ce que le filet se resserre autour des chalutiers en eaux profondes.


Intervention en commission.