Loi DETOX : la chasse aux toxiques est ouverte

Loi DETOX : la chasse aux toxiques est ouverte

Mercredi 16 décembre 2015.

« Le XXIème siècle doit être le siècle de l’hygiène chimique » avait déclaré François Hollande, lors de la Conférence environnementale de novembre 2014. Jean-Louis Roumégas, député de l’Hérault, a répondu à l’appel : la loi DETOX, examinée ce jour en Commission du Développement Durable, sera débattue le 14 janvier dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

Le monde fait face à une épidémie de maladies chroniques. La France n’est pas épargnée : cancers, diabète, obésité, maladies respiratoires ou cardio-vasculaires fragilisent nos populations et notre système de santé. La communauté scientifique a accumulé les preuves du lien entre les maladies chroniques et la pollution de l’environnement. L’Organisation Mondiale de la Santé évalue à 8% de la mortalité mondiale les décès liés aux substances toxiques. En France, le coût sanitaire de la pollution de notre air intérieur (logements, lieux de travail, écoles…) est estimé à 19 milliards d’euros par an.

Selon Jean-Louis Roumégas, « Nous faisons barrage à un tsunami avec des châteaux de sable » : 100 millions de substances chimiques sont répertoriées dans le monde, il en circule 143 000 dans l’Union européenne, or le règlement européen Reach, censé nous protéger des substances toxiques, n’a, à ce jour, interdit que 31 substances.

Au XIXe siècle, nous avons répondu à l’épidémie de maladies infectieuses par une action sur l’environnement et une éduction à l’hygiène. « La révolution hygiéniste nous a sauvés. Combien d’années faudra-t-il avant de répondre à nos concitoyens qui, étude après étude, découvrent qu’ils sont exposées aux toxiques dans leur alimentation, leurs vêtements, leurs meubles, leurs produits de beauté, leurs poches de perfusion à l’hôpital ou les jouets de leurs enfants? », ajoute Jean-Louis Roumégas.

Sa proposition de loi consiste à imposer aux entreprises un audit chimique des substances toxiques qui ne sont encadrées par aucun règlement. En contrepartie, l’Etat incite les entreprises à substituer leurs substances toxiques par des substances sans danger pour la santé et l’environnement. Une mesure d’étiquetage des produits de consommation courante qui sont déconseillés aux femmes enceintes est aussi prévue : « Une femme enceinte doit-elle se promener avec les rapports d’avertissements sanitaires sous le bras? », poursuit Jean-Louis Roumégas.

« A ceux qui considèrent que la France doit attendre un battement de cils de la Commission européenne pour agir, je veux dire ceci : cette posture désespère les populations, qui l’expriment dans les urnes », conclut Jean-Louis Roumégas. La Commission européenne a d’ailleurs été condamnée, ce mercredi 16 décembre, par la Cour européenne de Justice, pour son inaction en matière de lutte contre les perturbateurs endocriniens.

La loi DETOX sera examinée le 14 janvier à l’Assemblée nationale. Elle répond aux attentes des associations de consommateurs et de protection de l’environnement.