Grands barrages, déforestation et droits des peuples autochtones au Brésil

De g. à d. Christian Poirier, Ademir Kaba, Jean-Louis Roumégas, Felício Pontes et Gert Peter Bruch

De g. à d. Christian Poirier, Ademir Kaba, Jean-Louis Roumégas, Felício Pontes et Gert Peter Bruch

 

J’ai eu le plaisir d’accueillir à l’Assemblée avec les représentants de Planète-Amazone, Amazon Watch et la fondation France-Liberté, une délégation brésilienne composée d’Ademir Kaba, leader Munduruku et Felício Pontes, Procureur Fédéral de la province de PARA au brésil.

Ces deux personnalités alertent sur le problème majeur de la déforestation en Amazonie, la multiplication de barrages hydroélectriques et le non-respect des droits des peuples autochtones.

Sergio Coronado député des français de l’étranger et Danielle Auroi Présidente de la commission des affaires européennes et initiatrice de la loi sur la responsabilité sociale et environnementale des multinationales, se sont joints à nous pour soutenir au nom du groupe écologiste, le combat des peuples autochtones pour le juste respect de leurs droits.

Après une rencontre d’échanges avec la direction d’EDF, Adémir Kaba a exprimé le désarroi et la colère des populations locales qui refusent ces choix d’infrastructures gigantesques qui leur sont imposés sans consultation préalable.

Le procureur Felício Pontes a dénoncé pour sa part la violation de la constitution brésilienne (art 231 et de la convention 169 de l’organisation internationale du travail (OIT) qui garantissent dans leur énoncé , le respect des populations autochtones et la reconnaissance de leur patrimoine naturel. Dans ce combat, les décisions de justice ont permis la suspension des travaux au motif de la nécessité préalable de consultation des populations. Mais le gouvernement Brésilien a cassé ces décisions protectrices en faisant valoir un mécanisme dit « suspension de sécurité ». Un appel auprès des Nations Unies et son Conseil des Droits de l’Homme a été déposé comme ultime recours et avec le soutien d’une mobilisation internationale.

Alors que la France accueille la COP21 en décembre 2015, deux de ses grandes entreprises, EDF et Engie (ancien GDF Suez), dont l’État est le principal actionnaire, sont impliquées dans la construction controversée de barrages sur le fleuve Tapajós, en Amazonie brésilienne.

Présentés comme source d’énergie renouvelable par leurs promoteurs, les grands barrages ont au contraire un effet catastrophique sur le climat. La création de retenues d’eau en milieu tropical conduit à une déforestation massive, engendre la libération de grandes quantités de gaz à effet de serre et bouleverse les cours d’eau et l’écosystème de la région. L’Amazonie brésilienne, souvent présentée comme le « poumon de la terre », est aussi le lieu d’habitation de nombreuses populations autochtones, dont certaines sont isolées et particulièrement vulnérables. Les populations locales, lorsqu’elles ne sont pas déplacées de force, voient leurs moyens traditionnels de subsistance et de reproduction culturelle bouleversés voire radicalement transformés.

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