Education : Sarkozy, la politique de la terre brûlée !

Mardi 28 février, Nicolas Sarkozy a choisi Montpellier pour parler d’éducation.

Enseigner plus pour gagner plus ?

Le slogan emblématique de la campagne de 2007, en faveur du travail et du pouvoir d’achat, est devenu, cinq ans après, le symbole même des promesses non tenues.

Le pouvoir d’achat de l’immense majorité des français n’a pas résisté au gel des salaires, aux augmentations des prix du logement, de l’énergie ou de l’alimentation et aux taxations supplémentaires. Seuls les actionnaires et les grands patrons du CAC 40 ont vu leur rémunérations atteindre des niveaux indécents.

L’éducation comme priorité nationale ça se réduit donc pour Nicolas Sarkozy à «Enseigner plus pour gagner plus».

En 2007 il avait déjà dit «Moins de profs mais mieux payés». On a bien vu la baisse des effectifs, les classes surchargées, mais avec le gel des salaires, la perte de pouvoir d’achat et une rémunération des enseignants en France maintenant au dessous de la moyenne européenne.
Le niveau «master» est désormais exigé mais les jeunes profs sont lâchés devant des classes sans formation professionnelle initiale.
Le métier d’enseignant est tellement dévalorisé que le nombre de candidats aux concours de recrutement a été divisé par deux.

Il a peur d’aller dans une école !

A Montpellier, avant son meeting du Zénith, le candidat sortant a choisi comme visite de terrain un internat d’excellence. Il s’est bien gardé d’aller dans une vraie école de la ville.

Dans un rapport interne remis à Luc Chatel, et qui dort aujourd’hui dans un tiroir, des inspecteurs généraux remettent en cause le principe même de ces établissements qu’ils jugent peu compatibles avec le principe d’égalité républicaine. On extrait les meilleurs éléments des zones en difficulté pour leur offrir une seconde chance. On crée une belle vitrine (qui coûte cher) mais c’est au détriment de la majorité.

Pourtant, s’il y a un enseignement à tirer de l’expérience, c’est que lorsqu’on met des moyens d’encadrement supplémentaires et qu’on assure un suivi personnalisé des élèves on améliore les performances. Il n’y a pas de fatalité de l’échec scolaire.

Mais cet effort, c’est pour tous les enfants, et en priorité pour ceux qui sont en échec et pour les zones en difficulté, qu’il faut le faire et pas seulement pour les 2000 élèves qui ont bénéficié du dispositif d’excellence.

La terre brûlée

Il annonce l’éducation «grande cause nationale», mais en s’attaquant au principe d’égalité et à l’école pour tous, le candidat sortant s’attaque au fondement même de l’école de la République.

Il faut d’ailleurs noter que les suppressions de postes ont touché beaucoup plus l’enseignement public : 5% des suppressions de poste dans l’enseignement privé alors qu’il représente 20 % du secteur de l’éducation.

En réalité Nicolas Sarkozy, qui sait qu’il a perdu la bataille de l’éducation, pratique la politique de la terre brûlée.

Avec une totale démagogie il essaie d’opposer les parents et les enseignants accusés de corporatisme. Voilà une bien mauvaise méthode ! Tout pédagogue sait que l’éducation ça se joue dans une alliance à trois : élèves, enseignant et parents.

Alors un seul mot d’ordre : parents, enseignants, tous unis, pour défendre la priorité de l’éducation et renvoyer Nicolas Sarkozy à ces études !