Comité national sur la vaccination : un rapport qui ne rétablira pas la confiance

Les conclusions de la concertation sur la vaccination sont plus que décevantes et ne répondent pas aux interrogations des parents.

vaccin
 Le communiqué de Michèle Rivasi dont je partage les grandes lignes :

Aujourd’hui sont rendues les conclusions de la concertation citoyenne autour de la rénovation de la politique vaccinale qui ont d’ores et déjà fuitées dans la presse. En début d’année, nous avions dénoncé la supercherie de ce débat public piloté par une agence sous tutelle de l’Etat et qui mène dans le même temps des campagnes de communication pro-vaccination, avec un comité d’organisation de ce débat aux ordres de la Ministre, un comité d’orientation dirigé par un proche de Marisol Touraine… Nous redoutions une opération de propagande pour inciter les français à se vacciner, en occultant totalement toute réflexion sur la question de la balance bénéfices/risques et des conflits d’intérêts. Force est de constater que nous avons été servi.

Aujourd’hui, 4 français sur 10 sont sceptiques quant aux bénéfices de la vaccination. La France, berceau de la vaccination avec Pasteur, est devenu le pays le plus méfiant d’Europe. De plus en plus de parents renoncent à vacciner leurs enfants, faute de pouvoir disposer d’une information qui ne soit pas entachée du soupçon de partialité et de conflit d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. Ce débat public, s’il n’avait été biaisé, aurait du répondre à cette défiance.

Certes, le comité évoque une exigence de transparence des principaux acteurs concernés par la vaccination. Celle-ci passe d’abord par la publication des liens de conflits d’intérêts, et un accès facilité à ces déclarations. Ceci existe déjà. Elle implique également la diffusion d’informations scientifiques, notamment les événements secondaires et indésirables, via un site réfèrent unique.
Le site vaccination-info-service pourrait ainsi proposer une information complète et analyser les effets indésirables déclarés « afin d’éviter des interprétations erronés susceptibles d’alimenter à tord la défiance envers les vaccins ».

Le rapport de conclusion propose que la vaccination soit déclarée comme grande cause nationale et préconise notamment « un élargissement temporaire du caractère obligatoire des vaccins recommandés de l’enfant, assorti d’une clause d’exemption et de leur gratuité ». Cela signifie que certains vaccins aujourd’hui recommandés pourraient devenir obligatoires. Autre proposition du comité, ces vaccinations obligatoires devront être prises en charge intégralement par l’Assurance maladie. Le comité espère ainsi améliorer la couverture vaccinale et redonner confiance aux Français dans la vaccination. Pas sûr que cela réponde aux craintes.

D’autre part, le comité affirme qu’« il devrait être possible de lever le statut obligatoire et fonder la vaccination sur la compréhension de son intérêt par tous tant à titre individuel que collectif », explique le comité. Mais dans un second temps bien sûr.

Enfin, le comité suggère « que le futur comité technique de vaccination de la Haute Autorité de Santé réexamine les indications et étendent aux jeunes garçons» la recommandation de vaccination du Gardasil et du Cervarix (les deux vaccins contre les papillomavirus -HPV). Ce projet est aberrant. Nous réclamons depuis des années, la mise en place d’un moratoire sur le Gardasil. Des indices inquiétants s’amoncellent, avec des dizaines de décès et des milliers de pathologies graves qui pourraient lui être imputables. La décision d’étendre la vaccination contre le papillomavirus doit être suspendue, et des études indépendantes sur l’opportunité de cette vaccination doivent être diligentées au plus vite.

Le comité évince les vrais questions qui fâchent et qui seraient de nature à restaurer la confiance des citoyens envers les vaccins : la remise sur le marché d’un DTP sans aluminium avec la rupture de la pénurie organisée sur ce vaccin ; la mise en conformité de notre droit avec la loi Kouchner de 2002 qui garantit la liberté de choix thérapeutique des patients en supprimant l’obligation vaccinale ; la fin des conflits d’intérêts par la mise en place d’un pôle d’experts indépendants commun à toutes les agences de santé ; le renforcement de la pharmacovigilance dont le déficit produit des scandales sanitaires comme dans l’affaire du Rotateq et du Rotarix ; le développement de la recherche publique et celle sur les adjuvants alternatifs et sûrs (notamment phosphate de calcium) qui doit être encouragée ; la reconnaissance des victimes des vaccins et leur indemnisation…

Les conclusions de la concertation sur la vaccination sont une véritable provocation. Nous devons sortir des prises de position dogmatiques, de l’emprise du lobby pharmaceutique, de la minoration des effets secondaires et du développement de la vaccination comme nouvel eldorado pour compenser la panne d’innovation thérapeutique dans le domaine médicamenteux. C’est à cette seule condition que la population française adhérera de nouveau à une politique