Café débat : Les nouvelles expressions démocratiques

– Emmanuelle Reungoat, Maitresse de conférence en Science politique à l’Université de Montpellier et Chercheuse au CEPEL
– Franck Bernard, Nuit debout
– Victor Kahn, Président de l’Institut des citoyens
– Serge Desseigne, Ancien directeur de formation en travail social

aff-expressions-democratiquesJeudi 6 octobre à 19h, café le Dôme

Nuit debout, collectifs, expression sur les réseaux sociaux… Quelle place dans la démocratie pour les nouvelles formes d’engagement non conventionnel ?

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« C’est une forme moderne d’action politique, hors partis, hors syndicats, sans chef, sans programme, qui dit « on discute entre citoyens de ce qu’il faut faire » […] et cela est tout à fait nouveau en France ». Comme le souligne le sociologue Albert Ogien, nous observons le développement de mouvements sociaux qui ne sont plus encadrés par aucune des structures traditionnelles de la vie politique.

 

« Une forme moderne d’action politique (…) entre citoyens »

Le point commun à ces différents mouvements est certainement l’absence de hiérarchie et de stratégie, qui implique une absence de volonté de pouvoir. Pourtant, ces citoyens anonymes ont l’ambition de créer le monde. Ils se veulent force de protestation mais aussi de proposition. Souvent animés par un sentiment de méfiance vis-à-vis de la classe politique, leur message fondamental est le suivant : la démocratie représentative est insuffisante.

Le rôle de la société civile dans le débat public

Ainsi, si ces phénomènes se dissocient du système politique, ils traduisent une politisation toujours actuelle des citoyens. Ces mouvements revêtent une forme moderne, mais ils expriment en réalité un besoin intemporel : celui de contrôler les institutions politiques. Il s’agit bien d’un contre-pouvoir nécessaire à l’équilibre de notre démocratie. Car le suffrage représentatif à lui seul ne peut suffire à organiser l’action politique. A cet égard, l’indifférence du gouvernement face aux protestations envers la loi travail et le passage en force de celle-ci a été une erreur politique et un déni de démocratie.

L’expertise citoyenne

Au contraire, les politiques devraient se placer en interaction permanente avec les demandes de la société civile. De ce point de vue là, les lanceurs d’alerte ont également un rôle fondamental à jouer pour interpeller les politiques sur des problématiques spécifiques, dans le domaine sanitaire par exemple. Nous avons tout à gagner à entendre ces messages qui sont parfois relayés par les médias et les réseaux sociaux sans pour autant entraîner de décision politique. C’est dans ce sens que nous avons soutenu la loi sur « l’indépendance de l’expertise en matière de santé et d’environnement et protection des lanceurs d’alerte ». Pour favoriser l’écoute des citoyens et souligner leur rôle dans la démocratie.